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GEPE


Responsable : Odile SCHNEIDER-MIZONY

L'EQUIPE

Le GEPE (Groupe d’Etude sur le Plurilinguisme Européen) est l’une des équipes de recherche (ER) de l’Unité de recherche EA 1339, Linguistique-Langue-Parole (LiLPa) de l’Université de Strasbourg. Le GEPE, EA jusqu’en 2004, date de son rattachement à l’EA 1339, est une équipe pluridisciplinaire qui regroupe des chercheurs de différents domaines linguistiques et culturels, en particulier de la Faculté des Langues et de l’ESPE. La sociolinguistique constitue son domaine de recherche central et le plurilinguisme le concept fédérateur de sa politique scientifique, mais d’autres champs de recherche apparentés élargissent les terrains et approfondissent les problématiques de ses champs de recherche : analyse systémique et discursive de l’allemand et de langues scandinaves, didactique du FLE et de l’allemand langue étrangère DaF, interculturalité, didactique de l’éducation bi- ou plurilingue, linguistique contrastive, etc.

Composé de 21 enseignant.e.s-chercheur.e.s dont 4 émérites et de 14 doctorants, il est à l’origine d’une production scientifique abondante en articles, chapitres d’ouvrages, ouvrages et revues publiés, mais aussi en conférences et communications, nationales aussi bien qu’internationales, de la part de ses chercheur.e.s confirmé.e.s comme des doctorant.e.s. D’autres interventions (radiophoniques, en librairies ou centres culturels, des expertises ponctuelles ou des réponses à des demandes de l’environnement social) témoignent de son interaction avec le monde culturel, éducatif et culturel régional. Enfin, le GEPE est porteur de la revue scientifique Les Cahiers du GEPE, éditée électroniquement par l’Unistra.

Equipe de recherche d’adossement de deux masters (Master Langue et Interculturalité ; spécialité de linguistique allemande à l’intérieur du Master Recherche Mondes Germaniques), le GEPE associe étroitement les doctorants ou des étudiants de Master 2 dans le cadre de leur TER aux programmes de recherche dont le GEPE est l’un des acteurs, d’une part. D’autre part, le GEPE a mis en place plusieurs types de formation à et par la recherche : des séminaires mensuels, une journée d’études organisée par les étudiant.e.s de Master et une journée annuelle de doctorant.e.s.

De par l’histoire ancienne et récente de Strasbourg et de l’Alsace, à la fois espace de contacts de langues et de cultures et espace d’implantation d’institutions européennes, la recherche du GEPE s’intéresse naturellement à toutes les questions touchant au bi-/plurilinguisme et aux contacts de langues en général, aux politiques linguistiques (dans l’espace éducatif comme dans le champ international) et, de façon étroite et constante à différents aspects du terrain alsacien. Equipe qui se veut ouverte aux inspirations de recherche diverses de ses membres, le GEPE identifie néanmoins trois axes qui regroupent une partie non négligeable de ses publications, participations à projets ou communications.

1. Les politiques linguistiques dans l’histoire des sociétés

Les travaux relevant de cet axe se fondent sur l’hypothèse que les fonctions politiques des langues dans une société sont le produit dynamique de son histoire, mettant le traitement des langues en relation avec l’évolution des systèmes politiques et des pouvoirs.

Les choix linguistiques dans les sociétés – aussi bien les choix des individus que les politiques des gouvernements – sont également en lien étroit avec les dimensions économiques et sociales des situations. L’évolution récente de l’économie et de l’organisation des entreprises, les recompositions sociales qu’elles entraînent modifient les pratiques linguistiques et la valorisation des langues impliquées ; il en est de même pour les stratégies des groupes sociaux pour accéder au pouvoir et le contrôler. Dans la mesure où les études relevant du domaine des politiques linguistiques ou de la planification linguistique prennent peu en compte les données économiques et sociales, l’axe réfléchit sur l’incidence de ces facteurs et leur caractère de contrainte, analyse l’influence des facteurs idéologiques sur le traitement des langues, et étudie la façon dont la recherche permet leur identification et la manière dont ses résultats sont repris dans le discours politique commun. Il s’attache plus particulièrement au rôle de la langue dans les idéologies nationalistes actuelles, et au traitement scientifique du rapport langue-nation. Les travaux examinent la place des langues dans différentes instances de pouvoir, dans les entreprises multinationales ou dans les institutions, au sein des Etats ou dans les organisations internationales ou supranationales. Exemples de questions de recherche : l’anglais comme langue véhiculaire, les langues régionales ou minoritaires, les langues des migrants, les droits linguistiques.

2. Les contacts de langues

Ce champ de recherche central en sociolinguistique comme en linguistique contrastive embrasse les contacts entre des variétés dont le statut (langues internationales, nationales, régionales, langues d’origine), les fonctions et les valeurs sociales et symboliques différent. Tout comme pour les politiques linguistiques, ces recherches apportent des résultats descriptifs, mais ont également l’ambition de  chercher à identifier les facteurs (sociaux, politiques, historiques, économiques …) à l’œuvre dans les situations sociolinguistiques ou dans les pratiques et les représentations qui les sous-tendent. La diversification des lieux prototypiques du contact et des pratiques plurilingues des locuteurs‑acteurs part de l’existant (en particulier des travaux portant sur l’Alsace), et élargit les investigations à des espaces plurilingues présentant des dynamiques et des configurations particulières. La réflexion sur le lien entre langue et espace dans ces contacts et les antagonismes qu’ils déclenchent parfois a été un centre thématique fort du séminaire de recherche mensuel depuis 2015.

Un autre volet de la recherche concerne les différentes formes de plurilinguisme dans les institutions (instances européennes, domaine éducatif). Sur le terrain de l’école, les enjeux de contacts de langues sont d’une si grande portée qu’ils entraînent la collaboration entre didacticiens et sociolinguistes afin de mieux prendre en compte, dans la didactique des langues, dans l’enseignement bilingue et dans les programmes de formation en direction des adultes, les différentes formes de bilinguisme ou plurilinguisme sociétal et les pratiques et représentations dominantes des groupes linguistiques qui mènent à la réussite ou l’échec des interactions en situation de contacts de langues. Les travaux portent sur les politiques linguistiques éducatives en Europe, mais aussi plus singulièrement sur des Etats comme la France ou l’Allemagne. Un dernier volet porte plus particulièrement sur les normes socio-langagières, la diversité et l’inégalité des compétences en Français Langue Seconde et « Français Usage Second », en tenant compte de la linguistique « populaire » et de la didactique vernaculaire des acteurs sociaux non universitaires.

Les contacts de cultures ne sont pas oubliés à l’heure où les Etats‑nations et les cultures nationales sont remis en cause, à la fois par la création d’ensemble supra‑nationaux, par la mondialisation et l’affirmation de cultures régionales, et par les mobilités voulues ou contraintes des individus ou groupes : l’analyse des contacts interculturels, la constitution des identités collectives peuvent difficilement être dissociées des contacts intra- ou interlinguistiques.

3. La spécificité du terrain alsacien

La recherche sur le terrain local, l’Alsace, poursuit l’étude de la promotion et/ou la diffusion du français et/ou de l’allemand, en lien avec des problématiques à la fois idéologiques (d’un point de vue plus historique) et des problématiques plus sociétales. L’une des particularités du plurilinguisme complexe en Alsace réside dans le fait que l’une des variétés, l’allemand, est tantôt vue, politiquement et sociétalement, sous son angle endogène, c’est-à-dire comme langue « régionale », tantôt sous son angle exogène de proximité comme « langue du voisin » ou de l’« espace (trans-)frontalier ». Aussi les recherches rendent-elles compte à la fois du questionnement politique et éducatif de l’enseignement-apprentissage de l’allemand (en particulier dans le cursus bilingue paritaire) et des questions didactiques et pédagogiques que pose cet enseignement. Plusieurs projets européens et internationaux, en partenariat avec d’autres universités, labellisés ou non, auquel le GEPE est étroitement associé, approfondissent la réflexion sur ces aspects. Enfin, le champ des médias télévisuels pose la question, centrale pour la compréhension, de la fonction de l’une des variétés en présence, la variété dialectale : par le biais de ce médium, c’est le rôle, la fonction et le sens des émissions en dialecte (vs le français) qui sont interrogés et, partant, le rôle et la fonction des dialectes lorsqu’ils ne sont pas utilisés dans des interactions directes par des usagers de cette variété.


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